L'innovation, certes était au coeur
des débats de cette 9ème édition
des Rencontres de l'Orme - Observatoire des
Ressources Multimédias en Éducation
-. Les équipements haut-débit
se mettent en place, les ressources existent
(cf. CNS, KNE, logiciel libre...), le marché
balbutiant...balbutie.
Dans ce contexte ronronnant surgissent néanmoins
quelques questions fortes: celle des usages,
par exemple, qui fit une véritable éruption
au sein des débats. Usage sur le terrain,
par les élèves, par les enseignants...
celui-ci se fera naturellement... ou ne se fera
pas! En revanche, le choix des ressources, qui
de plus constitue un véritable enjeu
pour les éditeurs publics comme pour
les éditeurs privés, semble mettre
enseignants et parents en révolte.
En effet, au nom de qui, au nom de quoi, chercherait-on
à leurs imposer les ressources numériques
destinées à l'accompagnement scolaire
des petites têtes bien faîtes, ou
pas très bien faîtes?... Ils accepteront
qu'on leurs propose un choix, qui devra être
très large, le plus large possible. Ainsi,
au gré de leur pédagogie, de leur
classe également, du contexte local,
ils veulent continuer, comme par le passé
à aller picorer librement un cours chez
l'éditeur Paul et un exercice chez l'éditeur
Marcel... seule méthode qui réponde
véritablement à leur besoin. Il
veulent rester "auteur" de leur cours...
à l'ère de l'Internet, nul ne
leur imposera son contenu, sa vérité,
ou sa panoplie d'outils, comme par le passé...
encore présent.
Plus que jamais, les parents et les enseignants
ont décidé d'être décideur
des ressources de leur enseignement. Il sont
même prêts, pour certains, à
boycotter les ressources qui viendraient du
haut! De plus en plus d'enseignants conçoivent
eux même leurs outils... certains même
commencent à se passer complètement
des manuels...
Voilà le véritable changement
dans les usages.
L'enjeu est clair pour les fournisseurs de
multimédias qui ont compris depuis longtemps
que leur client est l'élève, à
travers l'enseignant... il ne l'est peut-être
pas encore pour certaines collectivités
qui hésitent encore entre la mise à
disposition de moyens et l'imposition de moyens.
A bon entendeur salut... et rendez-vous aux
rencontres de 2005.